Deux conversations que l'on confond
L'une porte sur ce que ces systèmes font mal aujourd'hui, ce qui se vérifie. L'autre porte sur ce qu'ils pourraient faire à la société, ce qui releve de la prévision. Les mélanger produit un traitement ou tout paraît également urgent et où rien n'est actionnable. Cette rubrique les tient séparées.
La partie vérifiable
La panne fiable est l'erreur assurée : une sortie qui a la forme d'une réponse, qu'il y ait ou non une réponse derrière. Le reste en découle. Des sources inventées qui ont l'air vraies. Un raisonnement cohérent qui aboutit à une conclusion fausse. Une dérive silencieuse quand une entrée arrive dans une forme imprévue. Une sensibilité à la formulation, qui fait qu'une légère réécriture change une réponse de fond.
Il existe aussi un coût qui retombe ailleurs que sur l'utilisateur. Faire tourner ces systèmes consomme de l'électricité et de l'eau à l'échelle des centres de données. Les chiffres publiés par les différents opérateurs ne sont pas directement comparables et circulent souvent sans leur base de calcul : la position honnête est donc que ce coût est réel, matériel, et mal mesure publiquement.
La partie sur le travail
La question se pose d'ordinaire ainsi : quels métiers vont disparaître. Cette formulation produit de mauvaises réponses, car un métier est un faisceau de tâches, et le faisceau disparaît rarement d'un coup. Ce qui bouge, c'est la composition : les parties routinières et vérifiables sont absorbées en premier, et le reste du poste se réorganise autour du vide. Cela peut donner un métier plus intéressant, ou un métier vide de ce pour quoi les gens ont été formes, et ce sont les employeurs, bien plus que la technologie, qui décident lequel des deux.
Ce que cette rubrique ne fera pas, c'est y mettre un chiffre. Toute statistique publiée sur les emplois perdus à cause de l'IA est un modèle charge d'hypothèses, et ce sont les hypothèses qui font le résultat.